Régis Chabal

Régis CHABAL – 50 ans de PEINTURE

En ces temps où tout doit aller vite, très vite, on forge des « notoriétés » à grand renfort de promotion cathodique. Le résultat n’en est pas pour autant parfait ; quant à la pérennité de la « vedette » et de son œuvre, elles se font aussi éphémères que la plus belle orchidée coupée de ses racines…


Aussi, il est reposant et surtout rassurant de croiser ceux qui possèdent cette longévité et, dans le regard, gardent ce petit quelque chose de l’enfant qu’ils furent.


Eloigné de ces monstres idolâtrés – mais combien d’artistes peintres répondent à ces débordements – Régis Chabal est de ces artistes dont un long parcours l’amène aujourd’hui à ces cinquante ans de peinture.


D’origine cévenole, né à Paris en 1930, Chabal a trouvé son « Havre » dans la lumière de la Provence et sous le soleil étincelant des Alpilles.


Pour gagner ce « trésor » de calme et de travail, le jeune Régis étudie. Un papa habile illustrateur et une enrichissante rencontre en 1941 avec Yves Brayer seront probablement le déclenchement de son choix :artiste peintre.


Brayer devient son modèle et son Maître dès 1946. Pour parfaire sa technique et son savoir, Régis entre à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris, puis à l’Académie de la Grande Chaumière et fait partie de l’Ecole de Montparnasse. Là tout en travaillant entre autre avec Brayer, il côtoie Aujame et Chapelin-Midy.


En 1966, après un séjour à Malaga, le voilà à Marseille. Il entre à l’Ecole des Beaux-Arts dans l’atelier de François Bret. La même année, il travaille à l’Académie de Cimiez à Nice avec Lucien Fontanarosa.


Les voyages formant la jeunesse il va en Israël, expose dans diverses villes d’Allemagne de 1971 à 19898. D’autres expositions l’emportent de Paris au Mexique et au Japon.


Le célèbre annuaire Bénézit le mentionne dans son édition de 1976. L’année suivante, à l’invitation d’André Chamson, Chabal illustre son ouvrage « Roux le Bandit ».


L’œuvre de Régis Chabal, vaste et diverse, nous promène dans ses Cévennes natales, vers les reposants étangs de Ville d’Avray ; dans des souvenirs de voyages – comme ceux du Mexique- mais encore dans ses paysages environnant actuels : les Alpilles, dont il est devenu un Chantre. Le Vallon de Valruges, le Val d’Enfer, le Mont Gaussier, les vestiges millénaires de Glanum et autres sites enchanteurs des environs des Baux de Provence, depuis longtemps, n’ont plus de secrets pour lui et font ses motifs favoris de compositions.


Dans une gestuelle vigoureuse, en tons lumineux mais jamais criards ou agressifs, il plaque sur ses toiles la magie de ces paysages restés authentiques.


Après cinquante années face à son chevalet, l’illustrateur, l’aquarelliste, le peintre Régis Chabal continue de séduire les amateurs et les collectionneurs, avec la même jeunesse, la même fraîcheur, mais la technique affirmée d’un maître.


Gérard Baudin

Marseille 2004

 

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Régis Chabal, la première fois que je l’ai vu, avait dix ans. C’était à une fête donnée par ses parents et il était entouré de tout ce que Paris comptait alors comme peintres, architectes et sculpteurs.


Beau comme un jeune dieu grec, il évoluait dans ce climat familier avec l’aisance du petit garçon pour lequel l’avenir est sans problèmes. Pourtant il y eu des problèmes.


Et c’est parce qu’il se les est posés qu’il les a rencontrés.


Fils d’architecte, tout naturellement il se dirigeait vers l’architecture et entreprenait tranquillement de longues études qui le mèneraient au Diplôme.


Mais tout allait changer.
Régis voulait être peintre et son choix était fait. Il abandonnait l’atelier Arretche et il partait en Provence, ou ailleurs, et avec courage, patience et obstination, loin des courants à la mode, mais au contact avec la nature, il travaillait sans relâche.


Un bref passage qu’il fit voici quelques années à l’Ecole de Marseille m’a permis de le mieux connaître et de l’apprécier.
Il est solide et opiniâtre, il doute mais il a la certitude des purs.


Sa peinture est le reflet de son cœur, de sa bonté.


Il élabore son œuvre de tableau en tableau, comme d’autres gravissent les marches d’un escalier sans s’essouffler.
Sachons le regarder en silence.


François Bret
Artiste Peintre
Directeur des Beaux-Arts de Marseille
1918 - 2004

Régis Chabal est décédé dans sa 80ème année en 2010

www.regis-chabal.com