Jacqueline Arnaud

 

 

Après une enfance partagée entre la France et le Maroc, Jacqueline Arnaud a vécu successivement au Liban, en Espagne, en Iran et au Portugal.

 

S’il y a un point de l’esprit ou, comme le disait André Breton “les contraires cessent d’être perçus comme contradictoire”, serait-ce que le peintre y a accès, lui qui, dans les formes figées du tableau crée parfois la tension d’un mouvement.


En tout cas pour sa part, Jacqueline Arnaud, paraît bien être jusqu’au vertige, le peintre de cette tension, qu’elle travaille par thème. Dans son thème dit des “planètes” qui fera l’objet d’une exposition prochaine, chaque tableau réalise un moment fixe de conjonction astrale imaginaire où les formes, les volumes, ne cessent pourtant d’indiquer un potentiel de violence (collision ?, trou noir ?, désastre ?) dont la menace paraît imminente. Un seul tableau de la série, à la symétrie presque parfaite, pourrait faire exception mais ce n’est que plus mystérieusement que quelques détails en lui appellent, sinon la chute, du moins le point de rupture.


Dans le thème dit des “corps féminins”, les postures sont d’un faux repos, une force centrifuge semble animer ces corps qui posent sans se poser, dans un abandon trompeur tout habité d’efforts que ne coordonne aucun élan unifié de l’être : tel bras est courbé contre nature, telle tête (d’ailleurs généralement volume plus que face humaine détaillée, comme si l’anonyme force du corps avait gagné le visage) se love en une oblique improbable, tel sein élève sa densité en un profil audacieux sur le bleu infini du vertige.


Le thème des arômes relève de la fascination : couleurs vives et claires qui se heurtent dans des contrastes rarement rencontrés, harmonie brillante où sous l’apparente gaieté transparaît l’inquiétude : pureté des lignes qui traduisent feuilles et fleurs mais qui s’entremêlent dans un foisonnement tourbillonnant et vous entraînent irrémédiablement dans un plongeon vers l’infini.


Une oeuvre toute préoccupée de montrer, au coeur même de l’immobilité, du fixe, l’avènement pressenti dans l’impondérable travail du devenir, du mouvement et du désir, l’imminence du vertige.

 

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